Matt lache Mello.
L est mort, L est mort, L est mort. Et Mello, lui, n'en finissait plus de tomber au fond de ces sombres abysses. L est mort. Matt ne comprenait toujours pas ce qui se passait, sans prenait au génie albinos, alors que celui-ci n'avait strictement rien fait, comme d'habitude. Et l'esprit de Mello, roulé en boule tentait désespérément de contourner cette réalité crue qui l'effrayait. L est mort. La mort. Mello la connaissait bien, pourtant. Elle lui avait ravi son père, puis sa mère alors qu'il était très jeune. Mais il n'y croyait plus. Il n'était plus habitué à ce phénomène, c'était trop tôt, et, même s'il avait plusieurs fois envisagé soi-disant très sérieusement la mort de Near, et se prenait au jeu de « qui sera le successeur de L », il l'avait toujours vu immortel. Une statue de marbre agrémentée d'yeux cernés noirs et de cheveux en épi couleur corbeau qui les observait de son écran pensivement. Toujours, ou jamais. Toujours était-il que notre grand gaillard si solide couru dans sa chambre, laissant-là en plan le Matt interrogatif et le Near qui savait, lui-aussi.
Matt : « Mais qu'est-ce que tu lui as fait espèce de truc ? C'est pas possible ! j'l'ai jamais vu dans cet état...Tu es vraiment... »
Le jeune geek n'arrivait plus à trouver ses mots. Il n'avait jamais vu Mello comme cela, alors bon, il avait toujours le bénéfice de l'excuse. Mello pour lui signifiait une amitié sans bornes, des histoires la nuit que l'on ne pouvait pas dire aux adultes, des plans secrets pour ridiculiser, abattre, ou, au choix, faire du mal à cette petite lavette blanche. Et même lorsqu'il sortait défaitiste de ces affaires contre Near, jamais, JAMAIS il ne lui était encore arrivé de se mettre en rogne à ce point. Qu'est-ce qui avait bien pu arriver dans la vie du jeune garçon ? Near... Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, hein ? Non, non ! Matt, pris soudainement de pensées perverses s'empoigna du petit génie et balbutia :
Matt : « Tu..tu, t'as pas fait ça ? »
Near : « L est mort »
Silence, blanc, tout ce que vous voulez. Le rouquin tomba et pas seulement littéralement le arrière train par terre. L...Il comprenait mieux Mello désormais. Contrairement à lui, Mello voyait L comme un frère, une famille qu'il n'avait jamais eu, même s'il ne l'avait jamais rencontré. Décrit, c' était tout. D'allusives descriptions détaillées de Roger à seulement eux quatre, successeurs potentiels de L. Les autres écoutaient, pas lui, plongé dans le tout nouveau Zelda sur PS2. Mello était absorbé par les paroles de Roger, Near écoutait distraitement, achevant un puzzle, et Zero, le dernier, craquait ses doigts et soupirait. Et maintenant, L est mort. Plus mort que mort, tué par Kira. Il a peur pour Mello. Pas pour Zero : Zero est un imbécile notoire qui veut un premier lieu éliminer tout obstacle sur son passage et s'en fout de L, ni pour Near : il est assez autonome pour se débrouiller tout seul. Juste Mello. Mello qui est un peu trop impulsif pour se venger tout seul, Mello qui est toute sa vie, la raison et son existence. Near s'en va, laissant sa victime blême sur les carreaux et ses pas de petit bonhomme résonnent aux oreilles de Matt comme les sept coups d'une horloge. Il court dans sa chambre, celle qu'il partage avec Mello.
Matt : « Mello ? »
La pièce est vide. Un désert contenu dans un orphelinat pour génie. Une game boy sans jeu dedans. La pièce est vide, Mello l'a désertée emportant ses rares ressources chocolatées avec lui et le laissant seul, à la merci de tous ces fauves qui se baladent dans ce sordide désert. Le lit n'est même pas fait, les volets sont tirées. Un peu de lumière n'a jamais fait de mal à personne, alors, espérant secrètement que Mello a trouvé le refuge, bien caché, dans l'un de ces lits, il les ouvre. Vide, la chambre est toujours aussi vide. Il aurait mieux fait de ne point se raccrocher à un espoir aussi vain car là, il tombe carrément dans le désespoir. Des grosses larmes coulent de ses yeux si bien qu'il devient obligé d'enlever ses lunettes teintées. Mello l'a quitté, il n'a aucune considération pour lui. Alors, tout cela, ce n'était que du bluff ? Toutes ces embrassades, ces mots d'amours, ces caresses sur sa peau. Il s'est fait avoir ? Quelque chose de blanc attire sa vue. Une lettre. Quel enfoiré. Mais c'est les filles qui cassent avec leurs mecs par lettre ! Tu es une fille Mello ? D'ailleurs, il n'y a qu'une seule phrase : « Adieu Matty. » Ca fait bizarre dans le tout petit c½ur de Matt. Un vide, un choc. Ce mot, ce réalité, on l'emploie seulement lorsqu'on est sûr de ne jamais revoir la personne à qui on s'adresse. Mello, je ne vais plus jamais te revoir ? Amorphe, le geek de service resta là, immobile, sa main serrant fort la lettre, incapable de dire aucun mot, incapable de bouger, incapable de retrouver Mello.